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Etudes n° 5 - Les pratiques culturelles en Fédération Wallonie-Bruxelles: regards croisés

L'approche qualitative des pratiques culturelles de la population, préconisée dès 2006 dans les premiers travaux de l'Observatoire des politiques culturelles, était envisagée comme un vis-à-vis indispensable à l'enquête quantitative qui a été menée en 2008. En effet, si cette dernière nous propose une représentation statistique générale caractérisant la distribution sociale et spatiale des pratiques culturelles 1, elle reste cependant muette sur le sens que les individus donnent à leurs pratiques. Cette étude vient dès lors compléter notre regard, cherchant à identifier les différents facteurs qui amènent les personnes à participer à une activité culturelle. Il s'agissait notamment de mettre à jour les motivations, intérêts et bénéfices tirés de cette participation, de saisir les influences (famille, école, groupe de pairs...) ou les déclencheurs qui amènent à la pratique culturelle et, de manière plus globale, de situer ces pratiques dans le cadre de vie plus général des individus, soit leur vie privée, familiale, professionnelle ou sociale. Pour identifier ces différents facteurs, nous avons privilégié les personnes qui fréquentent les institutions, associations et événements culturels soutenus par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Elle est dès lors représentative de ces publics.

Ces “Regards croisés” sur les pratiques culturelles le sont à plusieurs titres.

En inscrivant son questionnement dans le prolongement des analyses quantitatives, l'analyse croise un certain nombre de tendances qui s'en dégagent, complétant ainsi certains profils mis à jour. Par ailleurs, en s'appuyant aussi sur une définition large de la culture mais en laissant à l'individu la possibilité de dire “ce qui fait culture pour lui”, elle se dégage d'une définition explicite, voire implicite, qu'en donnent les enquêtes quantitatives. Elle affine ainsi notre compréhension en ouvrant des dimensions que l'enquête quantitative ne peut pas saisir.

Regards croisés également par la méthodologie proposée qui organisait l'échange avec les opérateurs culturels, invités à faire part de leurs propres expériences de terrain et à réagir aux propos des personnes interviewées : interrogations sur les référentiels qui balisent les politiques culturelles, inquiétudes, résistances et créativité des opérateurs, émergent de ces rencontres.

Regards croisés enfin au travers de la composition de l'équipe de recherche qui associait des chercheur(e)s d'horizons différents, puisant dans leurs parcours et formations spécifiques les ressources utiles et nécessaires pour mener à bien cette étude. Qu'ils en soient vivement remerciés.

Editeur Observatoire des politiques culturelles (OPC)- FWB
Date de parution Mai 2015
Nombre de pages 110

Disponibilité

Table des matières

Avant-Propos

1. Introduction : contexte, objet et méthodologie

2. Comment se réfléchit la socialisation culturelle

2 .1 . Les transmissions familiales à la loupe

2 .2 . Les influences plurielles de l'entourage social

2 .3 . L'effet des cycles de vie sur les trajectoires culturelles

2 .4 . L'influence des ruptures biographiques

2 .5 . L'effet “boule de neige” : la pratique comme tremplin vers d'autres formes culturelles

2 .6 . Des pratiques du “proche”

3. Des déplacements dans les formes de légitimité culturelle?

3 .1 . Légitimité culturelle, hiérarchisations des préférences et relativisme

3.2. Effets de légitimité et justification des pratiques

3 .3 . Le sens du mot “culture”

4. Des pratiques culturelles segmentées, un public de moins en moins fidèle

4 .1 . La montée de la segmentation et le fantôme de la mixité

4 .2 . Une segmentation générationnelle

4 .3 . La tension entre fidélisation institutionnelle et expérimentation culturelle

4 .4 . L'effet “zapping”

5. La montée de la culture d'écran et ses effets sur l'offre culturelle

6. Extension de l'offre culturelle et positionnement des acteurs

6 .1 . Une offre culturelle pléthorique?

6 .2 . Critiques et mises à distance de la culture marchande

6 .3 . Des cultures émergentes, vivaces, non institutionnelles et peu reconnues

7. S'investir culturellement

7 .1 . Un déplacement dans les formes d'investissement culturel?

7 .2 . Le travail sur soi

7 .3 . Du divertissement au défoulement

7 .4 . Pratiques culturelles et attentes de sociabilité

7 .5 . Du diverti au passionné: essai de typologie

8. Engagement et éducation permanente

8 .1 . L'engagement militant comme responsabilisation de soi

8 .2 . Don, gratuité et bénévolat

8 .3 . S'engager dans des réseaux sociaux

8 .4 . La disparition du militantisme?

8 .5 . Transformations de l'engagement et éducation permanente

8 .6 . Esthétique et politique, vers de nouvelles articulations?

8 .7 . Éducation permanente et art : vers la “reglobalisation” de la culture?

9. La ville comme terreau de la créativité culturelle et comme enjeu de l'intervention culturelle

10. Du partenariat au territoire en passant par la médiation : diagnostics des opérateurs culturels

10 .1 . Les ambivalences du référentiel montant de la médiation

10 .2 . Les orientations partenariales

10 .3 . Le droit à la culture

10 .4 . La pertinence et les dangers de la territorialisation des politiques culturelles

10 .5 . La crainte de l'évolution des politiques culturelles : le spectre du “city branding”, la hantise de la “gouvernance par indicateurs”

11. Conclusion

12. Bibliographie

ANNEXES